
« Il est plus exact de parler des musiques d’Algérie, plutôt que de la musique en Algérie, pour signifier d’emblée qu’il y a une multitude d’expressions musicales du terroir, tenant à la diversité qui compose ce pays. Divesité dont, peut-être, ces musiques sont les seules à rendre compte. L’Algérie est tout autant un pays neuf qu’un creuset où se sont superposés, se sont rncontrés à travers l’histoire (et continuent de le faire), déversés, métissés, de multiples courants musicaux provenant d’Afrique, d’Orient et d’Europe. Il est possible que cela découle de sa position privilégiée au sud du bassin méditerrannéen, de la rencontre des cultures locales avec la colonisation à une période donnée, du fait que la musique, par excellence, n’a pas de frontières. Toujours est-il que, sans hiérarchie aucune, cette diversité ne semble pas avoir d’équivalent dans le reste du monde arabe – où l’on a coutume et obligation officielle de classer l’Algérie. La diversité ne se donne pas à voir seulement dans la multitude des genres existants, mais également et surtout dans le foisonnement des rythmes, mélodies et instrumentations qu’on peut y trouver. »
Brahim Hadj Slimane
(La création artistique en Algérie, éd. Marsa 2003)
Image : Charles Brouty.